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Le Yuanyang : un écrin de verdure en terre de chine

Le Yuanyang (元阳), c’est un ensemble de paysages luxuriants et relativement préservés. Je ne pensais pas que mon riz, bien pâlot dans mon bol, puisse venir d’un endroit aussi somptueux.

 Les photos touristiques du Yunnan ne mentent pas. Qu’elles soient sous l’eau ou complètement vertes, les rizières du Yuanyang et ses courbes terreuses vous scotcheront le globe oculaire. 

        Je me suis rendu dans le comté du Yuanyang en mai 2017, à l’heure où les jeunes poussent de riz recouvrent presque toute surface. Nous sommes au début de la saison des pluies et où que porte votre regard, il n’aura jamais balayé autant de nuances de vert. Par chance, trois jours durant, le soleil aura côtoyé notre escapade. 

  • De novembre à mars : les terrasses sont remplies d’eau. La lumière se reflétant à leur surface crée le tableau idyllique propre à l’endroit. Il semblerait que ce soit la meilleure période pour observer les terrasses. 
  • D’avril à septembre : fini l’apnée, les pousses de riz sortent leur tête de l’eau et verdissent à la face du monde. Le spectacle vaut également grandement la peine ! Attention toutefois à la saison des pluies.
  • De la fin septembre à la fin octobre : le riz est récolté et les pousses se parent de jaune.

Le Yuanyang, où est-ce ?

Le Yuanyang se situe dans la province du Yunnan (« Yún nán » ou « 云 南 » signifie littéralement « Sud des nuages »), juste en dessous de celle du Sichuan, là où je me suis établie (cliquez-ici pour visiter le chef lieu des Pandas). La région partage ses frontières avec le Vietnam, le Laos et la Birmanie.

Province du Yunnan sur la carte de la Chine

Je parie mes baguettes chinoises que vous avez déjà dû entendre parler du Yunnan à travers l’un de ses produits phares :

Le thé !

Si je vous dis « Tuocha », ça vous parle ? Normalement, vous devriez rapidement visualiser ce thé noir compressé en forme de bol. Tuocha est une marque sous laquelle est vendu le Pu’er, le thé du Yunnan, dans sa qualité la plus moyenne qui soit. Tuocha (沱茶) est en fait un terme désignant le Pu’er sous une forme compressée de nid d’oiseau.

Il aurait été importé sous la forme de :

  • « brique » qu’il aurait été enregistré sous l’appellation de Zhuancha (砖茶)
  • « galette » qu’il aurait été nommé le bingcha … etc.

Le Pu’er jouie d’un très grand prestige tant au sein de l’empire du Milieu qu’à l’étranger. Il pourrait être à la Chine ce que le vin est à la France : un produit de renom qui peut être tout autant médiocre que de qualité. D’ailleurs les idées reçues à son sujet vont bon train.

À l’étranger, on lui attribue à tort uniquement des arômes de miel et de bois, on lui attitre à outrance les qualificatifs de boisson saine et diététique. Or, le tableau est plus riche et diversifié.

Si votre curiosité réclame plus d’informations à propos du Pu’er, je vous recommande de jeter un œil à cet article. Il est relativement riche et diversifié.

Bref, revenons à nos grains de riz.

       Quand je parle de paysages préservés, je ne parle pas de la nature originelle, mais plutôt de l’authenticité de l’endroit. Depuis des années les minorités locales vivant ici effectuent un travail colossal pour transformer et maintenir les terrains cultivables en rizières. Un savoir qui leur a valu le titre de « sculpteur habile » par l’empereur des Ming. 

Par sculpteur habile, que pensez-vous de cela ?

Qu’elles sont les minorités du Yunnan ?

Pour comprendre, petit tour de la population chinoise.

Au compteur, nous avons :

  • 56 ethnies en Chine
  • L’une d’elles, les Hans, représente 91% de la population : soit un bon petit milliard et des poussières de milliers de chinois
  • 25 minorités dans la seule province du Yunnan

Celle que j’aurais croisée le plus souvent au cours de mon séjour est la minorité des Hani. A elle seule, elle englobe 1,5 million de personnes. Une peccadille à l’échelle de la Chine.

Vous les reconnaîtrez aisément à leurs habits traditionnels hauts en couleur et à l’aspect si particulier.

Minorité du Yunnan : Les hani de Honghe
Je vous laisse la surprise quant à la question des couleurs

Pour les intéressés, il y a la possibilité de visiter un village Hani 100% traditionnel jouxtant les rizières. Les maisons ont la particularité d’être construites en forme de champignon.

Vous trouverez les Hanis là où se situent les plus belles terrasses de riz. Soit, au Yuanyang. Il est l’un des quatre comtés qui constituent ce que l’UNESCO à classé au sein de son patrimoine sous l’appellation des « rizières en terrasse des Hani de Honghe ». Le Yuanyang renferme les quatre grands sites touristiques de la région, soit les rizières exceptionnelles de :

  • Duoyishu – nom des rizières visibles depuis le village de Pugao Laozhai. De loin mes préférées.
  • Bada – Celles dont vous vous approcherez le plus puisque vous aurez la possibilité de parcourir le sentier qui les sillonne.
  • Laohuzui ou Tiger mouth – celles que vous observez en étant le plus en hauteur. Une longue volée d’escaliers permet toutefois de les surplomber de plus près.
  • Laoyingzui ou Eagle mouth – hors des sentiers touristiques. Parfait pour observer un soleil couchant.

Ces quatre sites sont quelque peu éloignés des uns des autres par des routes sinueuses à travers les montagnes. En revanche, chacun vaut le détour.

Les trois premières rizières mentionnées sont des points d’observation officiels. Cela signifie qu’ils sont dotés de plateforme donnant, soi-disant, accès aux plus belles vues. Je vous rassure, les vues sont assez belles sans avoir besoin de grimper sur quelques rondins de bois.

Il n’y a que pour celles de Laohuzui que cela vaut le coup. L’entrée du parc donne accès à tous les points de vue de la zone.

 

Le Yuanyang : les plus belles terrasses de riz de Chine sont dans le Yunnan
Promenade en direction du village et des rizières de Bada

Mon planning

Deux nuits durant, j’ai dormi au sein du village de Pugao Laozhai , à l’auberge «Timeless Hostel Yuanyang». Je n’ai aucun lien d’affiliation avec ce petit hôtel mais je le recommande chaudement à quiconque veut l’entendre.  

  • Primo : l’emplacement est parfait. Vous êtes à 3 minutes 26 d’un point de vue imprenable sur la rizière de Bada. Autant vous le dire que pour admirer vos premières terrasses se nimber d’or sous le soleil levant, ça aide.
  • Secundo : la propriétaire, Alice, charmante et professionnelle à souhait est très convenante. Elle propose, à juste titre, de servir de chauffeur à travers ce dédale de rizières. Vous pourrez lui indiquer le parcours de vos rêves.

Autrement, elle vous conseillera la configuration suivante :

  1. Observation du lever de soleil au dessus des magnifiques rizières de Duoyishu depuis la terrasses de Pugao Laozhai.
  2. Visite du village traditionnel Hani que j’ai mentionné un peu plus haut.
  3. Visite de la rizière Tiger Mouth depuis les points de vue aménagés à la chinoise.
  4. Elle vous laissera ensuite entreprendre une ballade de 3 heures à travers les rizières de Bada. Le chemin vous mènera à la fin à la fabuleuse rizière d’Eagle mouth. Après votre escapade, Alice vous récupère et vous emmènera soit observer d’autres rizières, soit vous ramènera à l’auberge pour admirer le coucher de soleil.
Terrasses de riz du Yunnan
Lever de soleil sur les terrasses de riz de Duoyishu

Tourisme massivement clairsemé   

        Malgré le fait que les rizières soient inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2013, le tourisme y semble encore relativement clairsemé. Cela doit certainement dépendre du moment de l’année, mais je m’y étais pourtant rendu en période de vacances chinoises.

En revanche, les infrastructures payantes et aménagées tant spécifique à la chine sont bel et bien là. Heureusement, il reste de nombreux endroits tous aussi verdoyant et somptueux les uns que les autres que le capitalisme touristique n’a pas encore pris d’assaut.

Gros bémol, on commence toutefois à voir éclore les charpentes de futurs hôtels de luxe ainsi que leurs plateformes privées en amont des plus belles rizières.

Levé de soleil au dessus des rizières du Yunnan, au Yuanyang
Point de vue de Duoyishu

LE COIN PRATIQUE

LOGISTIQUE : Au départ de la station de bus au sud de Kunming, prenez un ticket jusqu’à Xinjie, elle est la ville la plus proche de l’entrée du parc du Yuanyang :

Départs à 10h20, 12h ou 18h.  

Au départ de la station de Xinjie en direction de Kunming :

Départs à 9h05, 12h30 ou 18h.

Pour ces deux trajets, si vous prenez le dernier bus de la journée, vous arrivez aux alentours de 5h30 le lendemain matin. Durée du trajet : 7 heures – à chacun sa sauce, mais pour les chromosomées XX qui ont la vessie rapidement pleine, je vous recommande de réduire votre consommation de H2O au strict minimum. Il n’y a qu’un arrêt pipi en cours de trajet. C’est sans vous parler de l’état des toilettes. L’un des pires qu’il m’ait été donné de voir. QUELS COÛTS :

Rappel : 1 € = 7,8 RMB ou Yuan

Billet de bus Kunming – entrée du Yuanyang : 140 RMB

Le terminal du bus se situe à Xinjie, ville la plus proche du Yuanyang. 20 minutes avant d’y arriver, le bus fait un stop devant la billetterie du parc du yuanyang. Vous trouverez là des chauffeurs attendant les premiers touristes pour les conduire jusqu’à leur point d’ancrage au sein du parc. Pour ceux qui louperait l’arrêt, il y aura certainement un chauffeur à disposition à Xinjie devant la gare des bus. L’hôtel que je mentionne si après propose également de vous amener jusqu’à votre chambre pour 100 RMB (max 5 personnes dans le van).

Coûts d’entrée du parc du Yuanyang – tout espace naturel attrayant en Chine est payant, il faut s’y faire  ¯\_(ツ)_/¯ :
  • 100 RMB pour avoir l’accès à tous les points de vue aménagés dans la limite d’une journée.
  • 180 RMB pour la même prestation sur 7 journées.
Coût d’un chauffeur entre le point d’entrée du Yuanyang et Duoyishu : 30 RMB par personne Coût d’une nuitée à l’auberge « Timeless Hostel Yuanyang » dans le village de Pugao Laozhai :
  • 45 RMB le lit dans un dortoir de 4.
  • 148 RMB la chambre de deux lits.
  • 248 RMB pour une chambre familiale (4 personnes max).
Services d’Alice, ou d’un autre chauffeur à la journée : 300 RMB (à diviser par le nombre de badauds qui embarque. Nous étions 6 par le plus grand des hasards). Repas : là où nous étions un peu coincés, c’est que les restaurants à Pugaolaozhai ne courent pas les rues. Les prix d’Alice sont dans un entre-deux entre pas cher et abus. Mais il faut reconnaître que ce qu’elle proposait était délicieux. Comptez entre 40 à 60 RMB un repas à deux pour être à peu près sustenté. Après, je suis un estomac sur pattes. Retour depuis Pugao Laozhai jusqu’à la gare des bus de Xinjie : 100 RMB le mini van.

Cet article a 1 commentaire

  1. Merci Tessa pour ce nouveau et superbe reportage dans le Yunnan dont le nom signifie au sud des nuages (nuages nombreux du Sichuan au nord ) cette province est à visiter absolument , amicales salutations .
    Claude

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