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Cliché sur les Chinois - partie 2

L’une des raisons phares qui m’ont poussé à créer ce site, c’est la chasse aux stéréotypes. À mon arrivée en Chine, j’avais bien peu de connaissances à son sujet. Je poursuis donc mon petit travail de décortication des clichés dans cette seconde partie. 

Retrouvez la première partie en cliquant ici. Elle traite des clichés suivants : 

– Les Chinois mangent du chien ?

– Les Chinois sont sales ?

– Les Chinois mangent des nems et des beignets banane !

– Les Chinois sont tous petits !

– Les Chinois maîtrisent tous le Kung Fu ?

– Ils sont pollués jusqu’à la garde !

– Ils se déplacent tous en bicyclettes …

 

Stéréotypes sur les Chinois – partie 2 c’est parti : 

 

Ils mangent du riz tous les jours

Vrai et un peu faux. 

En Chine, le riz et les nouilles sont deux grands piliers de l’alimentation. Ce sont les deux bases privilégiées du repas économe, rapide et goûtu. Toutefois, la gastronomie chinoise ne se résume pas qu’à cela. Pour découvrir sa diversité, jetez un oeil à cet article

Pour l’anecdote, en repas d’affaires, j’étais au début surprise de voir le riz arriver en fin de repas. Il est en fait servi de manière optionnelle à ceux qui auraient encore un petit creux à combler.  

C’est bien connu, les Chinois ne mangent que du riz

Ils prennent des photos de tout et n’importe quoi 

Vrai. 

C’est l’un des stéréotypes sur les chinois que j’entends le plus.

Ils ont l’obturateur facile. C’est un phénomène mondial mais, ici, la pratique est à son apogée. La Chine, comme partout ailleurs mais à un niveau supérieur, est une société où l’on se montre. Une société où l’on souhaite partager et exister aux yeux des autres. Les clichés sont majoritairement postés sur WeChat, le réseau social phare chinois.

Quand vous les observez en France, à photographier moult choses diverses autant que variées, dites-vous qu’un tel voyage onéreux doit se partager au quintuple.

C’est à travers leurs photographies que les Chinois contribuent à faire rayonner l’image de la France. Ici, nous sommes un pays apprécié et idéalisé en certains points. Cela se ressent de manière agréable quand vous êtes en Chine.

Une touriste chinoise se prend en photo non loin d'un énorme singe au mont Emei

Ils se ressemblent tous

Faux.

La population chinoise n’est certes pas la plus diversifiée en termes de brassage international. Elle est constituée à 92% de l’ethnie Han, le groupe ethnique le plus grand au monde. 55 autres ethnies minoritaires représentent les 8% restant. Démographiquement parlant, les Chinois ont donc majoritairement des caractéristiques communes :

– des cheveux noirs et lisses

– des yeux foncés

– des yeux bridés. Sur ce point j’observe de nombreux Chinois avec des yeux bridés, mais relativement grands. Je sais, la chirurgie peut-être pratiquée à cet effet, mais, il y a certainement des nuances naturelles à ce niveau. 

– une taille moyenne petite. Il est néanmoins loin d’être rare de croiser des personnes de grandes tailles.

Toutefois, si vous passez une journée en Chine, vous vous rendrez compte de la diversité des « gueules » et corpulences qu’elle propose.

À présent, demandez à des Chinois si les étrangers se ressemblent. Beaucoup répondront par l’affirmatif. Les clichés et les raccourcis sont planétaires. 

Stéréotypes sur les Chinois: ils sont tous pareils

Ils sont bosseurs

Vrai et faux. 

À cela, je dirai, ça dépend. Dur de généraliser sur ce point. J’ai côtoyé des collègues flemmards comme pas deux, d’autres investis/peu efficaces et d’autres investis/efficaces.

En tout cas, de mes deux entreprises différentes, je retiendrai un trait marquant : une organisation semi-bordélique. Pour un projet donné, une fois la forme définie, le fond ou plutôt dirais-je les détails sont trop souvent négligés. Encore une fois, ceci est mon propre constat à ma petite échelle.

Ils sont tous bons en maths 

Oui avec des nuances

Les maths, au même titre qu’un sport par exemple, sont une matière qui se pratique et se maîtrise. En Chine, les mathématiques sont enseignées de manière intensive. 60% du temps en classe y est alloué. Il est donc normal que des élèves chinois d’un plus jeune âge maîtrisent plus de choses que des élèves d’autres nationalités plus âgés.

Autre point, qu’ils l’aiment ou non, qu’ils y excellent ou non, les jeunes Chinois doivent faire en sorte de maîtriser les mathématiques. Ils leur faut  être prêts pour le jour ou ils se frotteront au fameux Gaokao (高考 – gāokǎo), le concours national d’entrée d’éducation supérieure. C’est un test difficile qui permet l’accès à l’enseignement supérieur. J’y reviendrai. 

Les chinois sont tous trop fort en maths : cliché ou réalité ?

La Chine est pauvre

Non avec des nuances

Au cours des deux dernières décennies, l’économie de la Chine a bondi. Elle est la seconde puissance économique mondiale en termes de PIB. 

En revanche, des inégalités jalonnent le tableau. Certains lieux sont plus riches et technologiquement plus avancés que d’autres. Pour exemple, il suffit de comparer la municipalité de Shanghai à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang dans le nord-ouest.

 

Pour l’anecdote, les villes chinoises sont recensées à travers le « système dit à plusieurs niveaux ». À ce jour, ce concept n’a pas de définition exacte. Il est supposé qu’il classe les villes en fonctions de divers facteurs démographiques et économiques. Les villes sont classées sous les appellations allant de Tier 1 à Tier 5. Au vu du développement rapide de nombreuses villes, ce système est une référence pour les entreprises qui souhaite ajuster leurs stratégies commerciales en Chine.

Exemple de villes Tier 1 : Pekin, Shanghai, Canton ou Shenzhen.

Exemple de ville sous l’appellation « nouveaux Tiers 1 », soit les nouveaux jeunes poids lourds : Chengdu, Chongqing, Xi’an ou Suzhou. 

Exemples de villes Tiers 2 : Lanzhou, Urumqi, Kunming. Toutes les trois sont des capitales de provinces avec des populations allant de 1,5 million à 4 millions. 

 

Puis, comme partout, les inégalités s’observent au sein de la population elles-mêmes. Elles ont eu tendance à se creuser au fil des années.

Concernant la pauvreté extrême, elle est dans le collimateur du gouvernement depuis 2012. En 6 ans, le nombre de personnes y étant confrontées – moins d’1,90 dollar par jour – est passé de 100 millions à 40 millions. Elles sont majoritairement concentrées dans des zones très rurales : une zone immense dans la chine de l’Ouest incluant le haut Sichuan. Cette réduction de la pauvreté extrême est déjà en place et passe par un désenclavement de ses zones difficilement accessibles.

Reflet d’autres pays, la Chine serait un gâteau à trois couches :

1. Une base, épaisse, constituée de personnes pauvres. Ce n’est pas parce que l’on gagne plus de 1,9 dollar par jour que cela vous fait changer de statut. 

2. Une couche intermédiaire, beaucoup plus fine et qui augmente petit à petit, comprenant la classe moyenne.

3. Quelques fruits éparpillés qui représentent une classe très riche. 

La Chine est elle un pays pauvre u un pays riche ?

Ce sera le sujet de fin pour cette seconde partie autours des stéréotypes sur les Chinois. Dans la troisième et dernière partie, j’expliquerai leurs origines. J’attaquerai ensuite la manière dont les Français sont perçus en Chine et le pourquoi d’une telle vision. Les stéréotypes sur les Chinois peuvent en quelque sorte s’appliquer aux Français, ou à toute autre nation, avec leurs variance de nuances.

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