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Le mont Qingcheng, Jurassic park à la chinoise

Tour d’horizon 

Niché dans la province du Sichuan, le mont Qingcheng surplombe fièrement la très petite ville de Dujiangyan et ses 600 000 âmes. Son point culminant s’élevant à 1260 mètres, son ascension ne requiert pas plus d’une demi-journée de marche. Face aux 3 kilomètres d’altitude de son voisin, le mont Emei, Qingcheng shan 青城山 (山 signifiant montagne) me paraissait platement anodin. À tort.  

Voilà un moment que je marinais au sein de la vie citadine de Chengdu, capitale du Sichuan. Bien qu’elle soit agréable, j’avais cruellement besoin d’air frais, besoins d’enlacer un arbre et besoins d’écouter mon âme profonde chanter à la pluie une mélopée sauvage. Bref, comme une envie d’évasion dans les fibres corporelles.

Début avril, la Chine presque entière a joui de 3 jours de congés lors du festival de Qingminjie. Un laps de temps qui limite toutefois le rayon des possibles en termes de déplacement. En Chine, les dimensions sont démesurées. On se retrouve vite à faire des 10 à 15 heures de trajet. J’ai donc choisi de m’exporter au plus près et profiter de la nature un jour durant. Situé à 40 petites minutes en train de Chengdu, le mont Qingcheng s’imposait comme la bonne option…

Mont-Qingcheng-Dujiangyan

Planning de mise en route 

– 4h : réveil, direction la poêle pour faire cuire une quinzaine de crêpes bretonnes. 

Comme la plupart des escapades dans des parcs nationaux chinois, je vous recommande vivement d’emporter vos propres victuailles. Ça vous évitera de payer 10 yuans de trop la boîte de nouilles instantanées goût papier mâcher.

– 6h : départ du train depuis Chengdu jusqu’à la station Qingchengshan

– 8h : arrivé au départ de la ballade, sur le flanc arrière de la montagne

Il pleut, c’est brumeux, mais je m’en fous. Je respire. Les lampions accrochés au pont en bois à l’entrée des montagnes donnent une touche mystique.

Vous aurez deux choix dans votre escalade montagneuse.

– Explorer la face avant : la plus connue, la plus photographiée, la mieux entretenue, mais la plus peuplée et la plus chère.

– Explorer la face arrière : la plus « sauvage » et … je ne peux pas dire la moins touristique. En période de vacances, toute attraction touristique est prise d’assaut – excepté le désert du Badain Jaran, mais ça faisait loin. 

À l’assaut du mont Qingcheng

Je m’élance. 

Le début de l’ascension fut par-fait. Le sentier était presque désert. Le décor magnifique. 

Le chemin évolue à travers une végétation verdoyante des plus épaisse qui fait un peu penser à Jurassic Park, les bambous en plus. Il suit les courbes doucereuses d’un cours d’eau transparent à travers des gorges étroites. 

Ce qui m’a beaucoup plu, c’est le sentier lui-même. Tantôt en pierre, tantôt en rondins de bois. Vous évoluez tant sur du plat que sur des sentiers suspendus. C’est sans compter la multitude de marches qui viennent s’ancrer dans les douces courbatures de vos mollets fatigués. Elles restent toutefois moins nombreuses qu’au mont Emei. 

En prenant mon temps et beaucoup de photos, il m’aura fallu deux petites heures pour atteindre la mi-parcours. À savoir, une zone en chantier nettement plus touristique. 

Il s’agit là de la jonction entre une route, votre sentier et le départ d’un téléphérique. Le tout rassemblé dans un mini-village uniquement constitué de restaurants et d’hôtels. Le cadre paraît bucolique si ce n’est qu’il est vite rempli de monde et qu’il vient casser le calme serein de vos premières heures de balade. 

Faute de toilettes à la suite de cette étape, un arrêt pipi est recommandé.

Végétation luxuriante sur le Mont Qingcheng

Marches, Buddhas et brume

À présent, les choses sérieuses peuvent commencer. Vous voilà prêt à entamer une bonne heure et demie d’ascension jusqu’au temple des nuages blancs – 白云寺. Outre les nombreuses marches à gravir, vous aurez tout loisir de contempler plusieurs cavités rocheuses taillées dans la montagne. Toutes sans exception sont le refuge d’une surpopulation de bouddhas en tout genre.   

Le temple des nuages blancs marquera le point final de votre épopée ascendante. Il y a bien des escaliers qui poursuivent vers un sommet perdu dans la brume, mais le passage est clos. 

Le temple des nuages blancs sur le mont qingcheng

À présent, la pluie bat son plein. Malgré mont équipement waterproof de compèt’, je sens mon énergie se dissoudre doucement sous cette flotte qui m’enveloppe. 

Le retour nécessitera 2 petites heures. Sur le dernier tronçon, à travers les gorges du matin même, les sentiers sont pris d’assaut par le flot des badauds. C’est à pas délicat qu’il faut se frayer un chemin. Lentement mais sûrement.

Au final, j’aurais été ravie de m’être autant dégourdi les jambes. Ravie de retrouver ces paysages typiquement chinois de montagnes perdues dans la brume. Ni la pluie ni la masse de touristes n’aura réussi à saper mon enthousiasme.

Le mont Qingcheng ou jurassic park à la chinoise

Après le mont Qingcheng, la ville de Dujiangyan 

Si vous avez du temps à tuer après votre escapade au mont Qingcheng, je vous recommande un passage du côté du système d’irrigation de Dujiangyan. Plus précisément, dans tout le quartier entourant le pont Nan (南侨 – nan qiao)

L’endroit est bigrement animé. Vous trouverez aisément de quoi vous sustenter. Outre le pont Nan qui vaut le coup d’oeil, vous pourrez également flâner dans un parc dote de temple et admirer la puissance du fleuve Puyanghe. Si vous patientez jusqu’au soir durant, vous verrez le fleuve se parer d’une lumière cyan à vous en déboussoler un poisson aveugle. 

LE COIN PRATIQUE

LOGISTIQUE

Pour faciliter vos déplacements, voici la carte à garder soigneusement dans son téléphone.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

– À droite la face avant du mont : la promenade commence à l’arche du mont Qingcheng.

– À gauche la partie arrière : le chauffeur fait un arrêt pour acheter vos billets puis vous dépose au pont Wulong, là où commence l’ascension.

PRIX

Train depuis la station nord de Chengdu jusqu’à Qingchengshan : 15 RMB

Train depuis la station de métro/train de la station Xipu de Chengdu : 10 RMB 

Chauffeur entre la gare jusqu’à l’arrière de la montagne : 20 RMB

À la sortie de la gare, continuez sur votre gauche. Vous finirez par tomber sur un parking où se mêlent bus et minivans. Ces derniers appartiennent à des particuliers qui vous proposent de vous transporter vers l’une ou l’autre des faces de la montagne. Bus et minivan sont quasiment au même prix. Ces derniers sont toutefois plus rapides et plus flexibles puisqu’ils proposent même d’aller vous acheter votre billet d’entrée.

Entrée face avant du mont Qingcheng : 90 RMB

Entrée face arrière : 20 RMB

Téléphérique face arrière depuis la mi-parcours (Bayun Lower) jusqu’à la base du sommet du mont Qingcheng (comptez encore 20 minutes de marche après) : 45 RMB (aller ou retour) / 80 RMB (aller et retour)

Téléphérique face arrière Jinli (voir carte) : 30 RMB (aller ou retour) / 55 (aller et retour)

Téléphérique face avant : 35 RMB (aller ou retour) / 60 RMB (aller et retour)

Afin d’indiquer la face du mont Qingcheng que vous souhaitez explorer, vous aurez uniquement besoin de savoir dire :

– 前面 (qian mian) = face avant

– 后面 (hou mian) = face arrière

– 多少钱?(duo shao qian) = combien ça coûte ? 

Je ne sais s’il est possible de rejoindre la face avant depuis la face arrière à pied. Toutefois, il est certainement possible de la rejoindre à la toute fin de votre ballade. Il vous suffit d’exposer votre requête à la pléthore de chauffeurs qui vous solliciteront.

Chauffeur depuis la face arrière jusqu’au système irrigation de Dujiangyan : 35 RMB par personne

Taxi depuis le quartier du système d’irrigation jusqu’à la garde de Dujiangyan : environ 20 RMB

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