Aeropicus

Ce que je n’apprécie pas en Chine

parmi tout ce que j’y aime.

La Chine est belle, la Chine est grande, la Chine fascine. Bref, la Chine vaut grandement le détour.

En revanche, tout n’y est pas caramel et rose bonbon. Certains aspects récurrents, plus ou moins futiles, chatouillent ma patience et ma bonne humeur.

Cet article n’est pas un procès à la Chine et à ses habitants. Il n’est que le reflet des faits qui m’affectent à titre personnel dans mes aventures quotidiennes. Et surtout, les 10 points qui vont suivre sont loin d’être le reflet de 1,3 milliard de Chinois.

Sur ces paroles toutes de sucre et de miel des prairies, c’est parti !

1 – La priorité incontestée de la voiture

En France, un nombre incalculable de mollusques mono neuronaux peine à donner 10 secondes de leur temps pour laisser passer un piéton. Il suffit toutefois de prendre un air borné et de commencer courageusement à traverser pour dégager la voie. 

En Chine, il est peu recommandé d’employer cette méthode sous peine d’un aller simple à la morgue. La voiture est reine et son conducteur vous le fait comprendre. Et ce, même si le bonhomme vert vous invite à traverser. 

Les voitures sont reines et ont la priorités

2 – L’exploration nasale

Le crachat, comportement récurent en Chine, me convient très bien. Je l’emploie peu, mais il me laisse relativement indifférente. En revanche, l’exploration géologique de la cavité nasale est visuellement difficile à endurer. Surtout lorsque cela se fait au su et à la vue de tous avec observation microrétinienne du résultat des fouilles. 

3 – L’ongle XXL de l’auriculaire

Vous croiserez de nombreuses personnes possédant au moins l’un de ses auriculaires avec un ongle très grand. Cette vision me fait le même effet qu’imaginer une paire de dents rayer un tableau noir. Elle me dégoûte d’autant plus qu’elle est étroitement reliée au point numéro 2.

Cracher et se moucher avec expulsion du mucus est courant en Chine
Evacuation nasale d'urgence

4 – La non-conscience de son environnement 

Ce point prend bien des formes. Les plus percutants sont les deux suivants : 

1 – Je l’avais déjà évoqué dans cet article. L’utilisation du téléphone portable en Chine atteint une proportion hallucinante. La main et le téléphone entretiennent une relation de chaque instant. Les cous se ploient sous le poids de l’addiction. De ce fait en découlent d’inéluctables collisions humaines. C’est l’environnement rêvé pour bosser son jeu de jambes, mais le charme est vite rompu. 

2 – Dans mon plein format sur Chengdu je précisais ô combien les locaux ici savent prendre leur temps. Sans pression, chacun évolue dans l’espace à son rythme. Un rythme bien souvent décontracté. Parfait. J’ai rapidement adopté le même avec plaisir. Le fait est que la relaxation va parfois trop loin au détriment de votre patience.

Tout particulièrement dans les escalators. Fréquemment, vous vous retrouvez coincé derrière deux personnes qui bloquent la voie et qui ne chercheront pas à se pousser à votre arrivée. Vous avez alors le choix de forcer doucement le passage ou bien, à l’instar des locaux, de patienter tranquillement. 

Pour ma part, j’entretiens dorénavant une relation intense avec les escaliers. Plus rapides et sain pour le corps. 

5 – Les photos

Photographier un étranger est un acte banal en Chine. 

Quelques Chinois vous demanderont votre accord avant toute tentative d’approche. 

D’autres prendront la première expression qu’ils lisent dans votre regard pour une cession de droit à l’image. Beaucoup trop vous photographieront de manière plus ou moins discrète. Pour le coup, c’est l’un des rares comportements qui m’insupporte grandement. Question de respect facial. 

Un jour dans le métro, un jeune homme m’a pris en photo avec le flash avant de démentir son acte alors que j’exprimais mon mécontentement. 

Ce comportement tend toutefois à s’amenuiser drastiquement dans les grandes villes du fait d’une communauté d’expatriés croissante. Voilà un bon moment que je n’ai pas vécu cette situation. Du moins pas que je le sache. 

Photographie discrète à coup de téléobjectif

6 – La distinction constante entre Chinois et étrangers

En chinois, étranger se dit « Lao Wai » – 老外 – ou « Wai Guo Ren » – 外国人. Ces deux termes, tout expatrié les entend au moins une fois par jour. L’exclamation raisonne à votre tympan comme une pique au coeur qui vous rappelle votre différence. Rien de méchant me direz-vous. La différence fait la force. Je peux juste vous dire qu’au bout d’un certain temps, on se passerait d’entendre du lao wai à tout bout de champ et d’entendre les commentaires vous concernant qui suivent. Surtout quand on commence à maîtriser le chinois.

Lors d’une réunion avec un partenaire de notre société, ce dernier m’a tendu la main et, droit dans les yeux, m’a juste dit « Lao Wai ». Ça fait un drôle d’effet même si ce n’était pas prononcé méchamment. 

Bien sûr, il faut prendre en compte que la Chine s’ouvre depuis peu et que les habitudes tendent à changer d’une génération à l’autre. Le « lao Wai » reste toutefois un comportement tant observé chez les adultes que chez les bambins. 

7 – L’univers licorne caramel 

En Chine, beaucoup de personnes adoptent un comportement se voulant mignon et enfantin. Ce dernier a une place très ancrée dans la société et est entretenu depuis le plus jeune âge. 

Étant allergique à l’excès d’enfantillage, je suis un brin exaspérée face à ce genre d’attitude. 

Être mignon et enfantin, cela ne fait pas de mal en soi. Chacun y trouve son compte et se comporte comme il le souhaite. Ce qui me dépasse c’est quand les comportements suintent l’exagération et la niaiserie. Il est alors très facile d’en faire une indigestion.

8 – Internet …

Internet quoi. Avec la censure, il faut se munir d’un VPN pour la contourner. Or, cela requiert une bonne connexion sous peine de ralentir les chargements. Une belle épreuve de patience.

9 – La pollution

Une Chine sans pollution serait le must. Point qui peut s’étendre à la planète entière. 

Pollution-Chine-Chengdu
De bon matin

Pour conclure

Attention, réflexions psychologiques intenses … 

Comme à chaque début d’aventure, l’excitation et le renouveau nous font apprécier notre situation sans modération. On baigne dans une joie extatique qu’un rien avive. Tout n’est que découverte. Pour vous dire, sans l’apprécier, même la pollution m’a fasciné.

Puis, plus ou moins rapidement, le monotone du quotidien s’emmêle entre vos baskets. La nouveauté perd de son aura et se mue en habitude. Les défauts du quotidien vous saluent de la main. L’indifférence est dans le coin. Ne serait-ce pas le schéma cyclique que tout le monde rencontre ? 

Boulot, relation, passion, environnement … on s’habitue presque à tout. Mais l’habitude n’est pas une fatalité en soi.

De mon point de vue, vivre se fait aussi bien à l’extérieur qu’a l’intérieur. Notre capacité à nous émerveiller est autant liée à notre état d’esprit que ce que nous offrons a nos sens. Explorer, découvrir et savoir renouveler son regard sont pour moi les clefs pour pallier à l’indifférence. Je dirais qu’il est essentiel de ne jamais cesser de découvrir. Cela peu prendre bien des formes. Voyager bien sûr, mais également se questionner, se bousculer, rencontrer, participer, apprendre, créer, s’immobiliser … le nombre des possibles est infini. C’est par la juste balance du tout que l’on trouve un certain équilibre.

Bien sûr, il y a des environnements et des situations plus bénéfiques que d’autres quant au bon développement de chacun.

Si vous aussi vous vivez ou avez vécu à l’étranger, je serais curieuse de connaître le processus psychologique de l’avant, pendant et après expatriation.

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